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Dieu vient vers nous ! L'homme est-il à la recherche d'un Dieu ? Bien sûr que oui. Et c'est tellement vrai que ce n'est même pas un scoop. C'est sans doute dû à cette « pensée de l'éternité » qui est profondément inscrite en lui, comme le dit l'Ecclésiaste (1). Toutes les religions, toutes les mystiques, sont un effort de l'homme vers Dieu, vers les dieux, vers des forces spirituelles dont il sent bien qu'elles le dépassent... infiniment. Mais l'Ecclésiaste affirme précisément que c'est de Dieu que nous vient cette pensée de l'éternité. Autrement dit, la démarche première, ce n'est pas l'homme qui la fait, c'est Dieu. D'ailleurs, avec un peu de bon sens, comment pourrait-il en être autrement ? Lorsque le prophète Esaïe écrit : « Éternel, toi, tu es notre père. Nous, nous sommes l'argile, et tu es le potier qui nous a façonnés : nous sommes tous l'ouvrage que tes mains ont formé (2)»), il ne fait que rappeler une évidence : tout ce que nous sommes, nous le tenons de Dieu. Si nous le cherchons, c'est bien parce que c'est lui qui a mis cette soif en nous. Mouvement inversé Mais soyons encore plus précis. « Dans tous les courants spirituels, c'est l'homme qui cherche Dieu ; dans l'évangile, c'est Dieu qui trouve l'homme », écrit Paul Evdokimov. Cette citation fait référence à l'épisode fameux où Jésus repère Zachée, un petit bonhomme qui s'est perché dans un arbre pour voir passer Jésus : « Zachée cherchait à voir Jésus », nous dit l'évangéliste Luc. Mais quand on observe l'attitude de Jésus, on peut se demander lequel cherche l'autre : « Lorsque Jésus fut parvenu à cet endroit, il leva les yeux et l'interpella : —Zachée, dépêche-toi de descendre, car c'est chez toi que je dois aller loger aujourd'hui. » Où que nous soyons, perchés dans un arbre ou cachés dans une ville, Dieu sait où nous trouver alors même que nous croyons qu'il ne nous voit pas. Mieux encore, il connaît nos intentions, il connaît nos dispositions. Dans la suite de l'histoire, on apprend que Zachée, en réalité, est disposé à restituer au quadruple tout l'argent qu'il a extorqué aux contribuables dans sa fonction de collecteur d'impôts. Jésus vient au devant de cet esprit de repentir, et va lui permettre de se réaliser concrètement : « Aujourd'hui, le salut est entré dans cette maison (...). Car le Fils de l'homme est venu chercher et amener au salut ce qui était perdu.(3) » Dix-sept siècles plus tard, Blaise Pascal, qui vient de vivre une conversion fulgurante, a bien conscience de n'être pas l'auteur (tout au moins pas l'auteur principal) de sa rencontre avec Dieu, à qui il prête ces paroles : « Console-toi : tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais trouvé ! (4)» Autrement dit, quand nous sommes en quête de Dieu, il s'est déjà laissé trouver par nous. C'est là de toute évidence, une des raisons de proclamer que l'Évangile est la Bonne Nouvelle : Dieu a pris l'initiative de venir à notre rencontre par Jésus-Christ. Un choix à faire La question du salut et de la perdition (du paradis et de l'enfer) n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Beaucoup de textes et d'épisodes bibliques semblent indiquer que les élus le sont de toute éternité, comme si tout était écrit d'avance. Il est vrai que Dieu, contrairement à nous, peut se projeter dans le futur, et c'est probablement une des clefs du mystère. Car d'autres textes, beaucoup plus nombreux, ne cessent de nous exhorter à faire notre choix : « Je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants.(5) » Encore une fois, Dieu propose... et l'homme, apparemment, dispose. Son avenir dépend, en grande partie, de lui-même. Dieu veut que nous vivions cette existence présente et la vie éternelle avec lui. Seulement, lui répondrons-nous oui ? « Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (6) », écrit l'apôtre Paul. Cependant, tous seront-ils sauvés ? Dans un passage grandiose sur le Jugement Dernier, Jésus annonce que beaucoup choisiront de s'exclure eux-mêmes du repas de fête : « Car beaucoup sont invités, mais ceux qui sont élus sont peu nombreux.(7) » C'est Dieu qui vient à notre rencontre. C'est Dieu qui, en s'invitant chez lui en la personne de Jésus, offre à Zachée de changer de vie. C'est Dieu qui a cherché Blaise Pascal avant même que celui-ci ne le sache. Quant à la réponse, c'est à Zachée, à Pascal, ou à moi, de la donner. L'échelle de Jacob A une période très périlleuse de sa vie, Jacob a un songe : il voit une échelle qui touche au ciel et sur laquelle des anges montent et descendent. « L'Éternel lui-même se tenait tout en haut (8) », dit le texte saint, et l'Éternel parle à Jacob, directement. Bien plus tard, Jésus fera allusion à cet épisode lorsqu'il dira à Nathanaël (qu'il avait repéré sous un arbre, cette fois !) : « Oui, je vous l'assure, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre entre ciel et terre par l'intermédiaire du Fils de l'homme.(9) » Pourquoi Jésus a-t-il repris le songe de Jacob ? Eh bien, pour nous signifier qu'à travers lui-même, la relation est établie avec Dieu, que le ciel n'est pas fermé. Et qu'il existe une échelle que non seulement les hommes, mais aussi les messagers (les anges) de Dieu, peuvent emprunter, afin de se rencontrer. Car l'échelle ou l'escalier céleste est à double sens. De nous vers Dieu et de Dieu vers nous. Mais n'oublions jamais : c'est Dieu qui invite. C'est Dieu qui descend la première marche avant même que nous ayons posé le pied sur l'échelle. Philippe Malidor 1. Ecclésiaste chapitre 3. verset 1 « Je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants.» Deutéronome chapitre 30. verset 19.
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