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Il faut une certaine audace pour prétendre apporter une réponse à cette question que l'homme se pose depuis toujours. Une réponse qui apaise et rassure le cœur et l'intelligence, une réponse qui panse les plaies et ouvre un avenir à ceux qui sont blessés par la vie. Parler de la souffrance, c'est courir le risque de parler d'une étrangère. Ceux qui l'ont expérimentée savent bien que l'on ne peut pas la décrire
avec des mots. Elle nous échappe dès lors qu'elle nous tient ! Quand on souffre, on crie ou on se tait. Ne dit-on pas que les plus
grandes douleurs sont muettes ? Tant de souffrances diverses Nous le savons bien, il existe de nombreuses souffrances qui ne sont pas obligatoirement physiques. Souffrance d'abandon, souffrance d'amour, souffrance de celui ou celle qui a perdu sa compagne ou son compagnon, souffrance de la maman qui accueille un enfant mort-né, souffrance du vieillard qui ne supporte plus l'idée de finir ses jours en maison de retraite, souffrance du chômeur qui se sent en marge de la société, souffrance du malade mental qui ne sait plus comment s'en sortir. La souffrance a de nombreux visages. Elle frappe sans cause et sans raison, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les vieux et les jeunes, et même les bébés. Chaque année, en France, 30 à 40 000 enfants naissent avec un handicap, une maladie génétique ou une malformation congénitale. (2) Premier constat : beaucoup de souffrances physiques ou morales sont
injustes, incompréhensibles, même si certaines, comme celle des enfants
malnutris, sont liées à notre égoïsme et à notre méchanceté. Y a t il une explication à la souffrance ? Nous avons la tentation de trouver une explication logique pour apporter une
réponse, comprendre un présent par un passé, voire de donner une valeur
éducative à la souffrance. C'est ainsi que les "amis" de Job, dans leur folle
prétention, entreprennent de démontrer à cet homme écrasé par le malheur que
tout ce qui lui arrive est "mérité", que Dieu est nécessairement juste dans tous
ses jugements et rétribue l'homme selon ses œuvres. Une promesse à celui qui souffre La Bible ne donne ni explication ni justification à la souffrance, mais
une promesse. Celle d'un Dieu proche dans la souffrance, qui se laisse
interpeller, qui n'est pas sourd à nos appels. "Le Seigneur m'écoute quand je
l'appelle au secours (4)", dit le psalmiste. J'ai été touchée par le témoignage de Daniel Ingrand, qui dans son livre (5)
rend compte du combat qu'il a mené contre le cancer pendant quatre années. Voilà
ce qu'il écrit deux ans après le début de sa maladie : "Mon combat pour la vie
continue, avec de nouveaux traitements. Ce cancer, esprit de division et de mort
est un corps extérieur qui attaque mon organisme. Ces paroles vous choquent peut-être car il ne nous est pas naturel de marcher sur ce chemin de la confiance en Dieu, renonçant à nos propres forces, mais enracinés dans la parole et la promesse de Dieu. Et pourtant c'est notre vocation à tous ! Probablement est-il alors nécessaire d'être accompagné par un ami ou une amie dans la foi, comme pour les disciples d'Emmaüs. Je garde dans mon cœur le souvenir de cette amie chrétienne qui à la veille de sa mort me demandait de prier pour elle car elle même n'en avait plus la force. Dieu nous lance un appel ! Etre proches les uns des autres, dans une communion de cœur et de pensée,
c'est peut-être la seule chose qui soit vraiment essentielle à vivre dans le
temps de la souffrance : Dieu nous donne les uns aux autres. Il nous confie les
uns aux autres. Agnès Desplanque "Quand tu seras dans la détresse, appelle-moi, je
te délivrerai, et tu célébreras ma gloire". 1. Matthieu chapitre 27, verset 46
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