TRAITES VIVRE

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Traités vivre 2003    



Après le deuil, la vie !
 

 


           Le deuil, une défaite qui peut devenir une victoire.

On utilise quelquefois l'expression "Pauvre comme Job" pour évoquer le comble du malheur, l'épreuve qui anéantit toute raison de vivre. Avant de perdre la santé, Job - en une seule journée - a perdu ses troupeaux, ses serviteurs et ses servantes, ainsi que ses sept fils et ses trois filles tués par des malfaiteurs ou écrasés sous une maison... La Bible, qui nous relate cette histoire, nous apprend que Job était auparavant un homme très riche. C'était également un homme intègre et droit : "il craignait Dieu et se détournait du mal".

Voici comment il a réagi à ces événements dramatiques : "Job se leva, déchira son manteau et se rasa la tête ; puis il se jeta par terre, il se prosterna et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L'Eternel a donné, l'Eternel a ôté ; que le nom de l'Eternel soit béni". Et le texte biblique continue ainsi : "En tout cela, Job ne pécha pas et n'attribua rien d'injuste à Dieu (1)".

Et la femme de Job ? Oui, Job avait une femme, la mère de ses sept fils et de ses trois filles. Affligée comme son mari, elle lui a dit : "Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu et meurs 1" Mais Job n'a pas écouté ses paroles qui, à la tristesse, voulaient ajouter le désespoir et la mort.

Ce que l'on oublie souvent, c'est qu'après un temps de deuil dont on ne connaît pas la durée, Job a entendu Dieu lui parler, l'instruire, ouvrir ses yeux sur de nouvelles réalités en rapport avec la petitesse de l'homme, la grandeur et la sagesse de Dieu. Devenu plus proche de Dieu, il lui confie dans une prière : "Mon oreille avait entendu parler de toi ; maintenant, mon oeil t'a vu (2)".

Ce que l'on oublie encore, c'est qu'après cela, "Job reçu plus de bénédictions qu'il n'en avait reçu pendant les premières années de sa vie (3)"...

II y a une vie après le deuil.

Ce récit, si ancien et si saisissant, nous parle de réalités qui peuvent nous concerner tous. Des événements dramatiques nous ont touchés ou peuvent nous toucher, qu'on n'avait pas prévus, auxquels on s'était mal préparés. Ils nous laissent chancelants, accablés, désemparés... Job a ressenti cela et il l'a exprimé : il n'a pas refoulé ses sentiments, il n'a pas menti, ni à lui-même ni aux autres. On a le droit de dire : Je suis triste ; je ne comprends pas. Mais il y a une chose que Job s'est interdit de faire : attribuer à Dieu quelque chose d'injuste.

Si une chose arrive, Dieu l'a permise, c'est vrai. Mais Dieu n'est absolument pas en faute. Aucun reproche ne peut lui être adressé. Sa bonté, son amour n'ont pas faibli. Sa fidélité, sa compassion demeurent parfaites. Sa consolation, son secours sont prêts à se déverser, si nos coeurs restent ouverts devant lui.

Il y a beaucoup d'événements face auxquels on ne peut rien. Mais on est toujours responsable de l'attitude de notre coeur.

La Bible dit : "Au jour du bonheur réjouis-toi ; au jour du malheur, réfléchis (4)". Ce conseil nous indique que le malheur n'est pas une impasse. Au contraire. Notre marche est ralentie ou interrompue, mais c'est pour mieux découvrir l'étape nouvelle que Dieu a préparée. C'est là qu'intervient le travail de deuil, pendant lequel notre résistance doit céder peu à peu pour se reconstruire d'une manière nouvelle. Le deuil, c'est une défaite qui peut devenir une victoire. On est blessé, mais quelqu'un veut nous guider vers la lumière. Cela passe par l'acceptation : il faut accepter que les choses ne soient plus jamais comme avant.

Il est important, par exemple, de ne pas maintenir une relation artificielle avec ceux qui nous ont quittés. La Bible dit clairement que l'on ne doit pas communiquer avec les défunts (5). Une telle relation, en effet, n'est pas porteuse de lumière, au contraire. Le deuil n'est pas un oubli ; ce n'est pas une trahison. C'est une étape pendant laquelle on dépose des fardeaux que l'on ne peut plus porter.

Le deuil d'une personne proche nous confronte avec notre propre mort. Il n'est pas étonnant que cela soit si bouleversant, si vertigineux. Si notre main ne saisit pas la main amie qui se tend vers nous, il peut arriver que l'on doute de pouvoir continuer la route... En réalité, on peut et on doit faire le deuil de beaucoup de choses dans la vie. Chaque choix suppose une sorte de deuil, chaque pas en avant, chaque décision. Chaque nouvelle saison passe par le deuil de la précédente...

Il est épuisant de lutter contre Dieu. Or, Dieu nous demande de tout abandonner. Un vieux cantique le dit ainsi : "Entre tes mains, j'abandonne tout ce que j'appelle miens..." Les fardeaux de péchés, les fardeaux de souffrance ; le passé, le présent, l'avenir. Tout, les choses bonnes comme les mauvaises, tout doit être déposé devant Dieu. Et ce qui doit nous être rendu le sera, en son temps, purifié.

Notre propre vie doit ainsi être offerte à Dieu, comme abandonnée. C'est le oui de la foi. Pour celui qui le dit, il y a une vie nouvelle qui commence. C'est une vie de résurrection.

Charles Nicolas

         
1 - Job 1.20-22
        2 - Job 42.5
        3 - Job 42.12
        4 - Ecclésiaste 7.14
        5 - Deutéronome 18.9-14

Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort.  (Jean 11.25)

Traité : Vivre - Format 15x21 - Code 03/166
 

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