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Noël est la dernière fête de l'année, et pourtant c'est la première en
importance. Aucune autre ne l'égale pour sa poésie et son mystère, pour
l'impression unique qu'elle laisse, par ses lumières et ses chants, sur l'âme
humaine. Même pour les plus blasés, elle est un moment de pureté, d'émotion et
de joie qui ne ressemble à rien d'autre et que rien ne remplacera jamais. Cependant, quand on a rappelé tout cela, on s'en tient à ce qu'en sait tout un chacun, mais on reste dans l'ignorance de ce qu'est réellement l'événement que l'on commémore. Il n'est peut-être pas inutile, au moment où il va être à nouveau célébré, de combler cette lacune. Qu'est-ce exactement que Noël? Qu'en disent les textes fondamentaux du christianisme : les Evangiles ? Des textes fiables Il n'y a pas lieu de s'étendre longuement sur le fait central que tout le monde connaît, à savoir que vers l'an 6 avant notre ère, une jeune fille de Galilée nommée Marie, a mis au monde (après les neuf mois d'une grossesse normale) un garçon qu'elle a appelé Jésus. Ceci s'est passé au temps de l'Empereur Auguste et le village où a eu lieu la naissance s'appelait Bethléem. Le caractère exceptionnel de l'événement, c'est que la jeune fille était vierge. Or, à la lumière de ce qu'on sait d'elle de sa piété et de sa pureté d'âme, il n'est pas possible de la soupçonner de supercherie. Cet engendrement est donc surnaturel, et l'on ne peut que s'en tenir à ce que dit à son sujet le récit évangélique : la jeune fille a été l'objet d'action mystérieuse du Saint-Esprit, c'est-à-dire d'une intervention de Dieu lui-même. Il n'est pas impossible que notre esprit hésite à accepter une explication basée sur le surnaturel. Certains historiens modernes, tout en reconnaissant la valeur spirituelle de Noël pour l'être humain, veulent y voir un récit plus ou moins légendaire, né de la piété de l'Eglise primitive. C'est aller un peu vite en besogne. Les textes sont là sous nos yeux, depuis la plus haute antiquité, dans leur simplicité et leur sobriété. Aucune outrance, aucune exagération, aucun débordement de faits bizarres ou fabuleux comme on en voit dans les récits légendaires de l'époque. Il y a là une fraîcheur et un accent de vérité qui s'imposent à tout esprit de bonne foi. Tout ceci est particulièrement visible à la lecture des chapitres 1 et 2 de l'Evangile de Luc où l'histoire de la naissance de Jésus est racontée avec beaucoup de soin et de précision. Jésus, médiateur entre Dieu et les hommes Nous devons donc garder à l'esprit la conviction que cette histoire est une histoire authentique, autrement dit que les faits relatés sont des faits réels. Répétons-le, il ne s'agit pas là d'une légende plus ou moins mythologique dans laquelle il n'y aurait rien de fiable et qu'on pourrait rejeter à son gré. N'oublions pas, en effet, que croire au Christ c'est croire au Fils de Dieu venu en chair dans ce monde et non à un simple homme de même origine que nous, même s'il s'est révélé être une personnalité hors du commun. C'est pourquoi, il faut souligner le fait que la naissance de Jésus n'est pas à proprement parler une naissance (bien qu'apparemment il y en eut une) mais une incarnation. Une naissance, c'est la venue au monde de quelqu'un qui n'existait pas auparavant tandis qu'une incarnation c'est celle de quelqu'un qui existait auparavant, qui existait même de toute éternité. Pour être plus précis, relevons ce point capital : si Jésus avait été engendré par un père terrestre, il n'aurait pas pu être le Sauveur du monde. En effet, la Bible nous expose que son rôle a été fondamentalement celui d'un médiateur entre Dieu et les hommes perdus loin de lui. Or, une médiation, c'est un acte de rapprochement, de réconciliation entre deux parties opposées. Pour accomplir sa tâche de médiateur, il fallait nécessairement que Jésus appartienne à la fois à l'une et à l'autre de ces deux parties. En d'autres termes, il fallait qu'il procède en même temps de la divinité et de l'humanité. De la divinité par la paternité divine, de l'humanité par le sein maternel. D'où, ce miracle de la naissance virginale de Jésus -car c'est un miracle !- devant lequel la raison humaine se doit de s'incliner, et grâce auquel tout homme peut être réconcilié avec Dieu et pardonné par lui, s'il le désire et s'il y croit ! Rien n'est impossible à Dieu Un mot encore à l'adresse de ceux de nos lecteurs qui persisteraient dans leur doute, sous prétexte qu'on n'a jamais vu personne naître d'une vierge. En quoi cela serait-il inacceptable à la raison ? Celui qui a fait le cosmos tout entier dans sa fabuleuse immensité et jusqu'à la moindre de ses molécules, serait-il incapable d'une chose aussi simple que de faire naître Jésus dans le sein d'une vierge ? N'est-ce pas lui qui a conçu le corps féminin jusqu'au plus petit détail ? Certes il y a toujours dans tout esprit humain cette présence insidieuse du doute. Et pourtant, si nous croyons que Dieu existe (la plupart des hommes y croient consciemment ou inconsciemment), nous devons admettre que Dieu étant celui à qui tout est possible, rien, absolument rien, ne pouvait l'empêcher d'accomplir l'incarnation de son Fils céleste dans la plus simple et la plus modeste des femmes de Palestine. L'allégresse de Noël Tout ceci nous permet de comprendre pourquoi la fête de Noël est une fête aussi joyeuse. Dieu a montré ce jour-là qu'il avait décidé de réconcilier une humanité perdue avec lui-même. Quand nous en lisons le récit dans les Évangiles, nous sentons ce climat d'allégresse qui le baigne tout entier. L'ange le dit aux bergers : "Je vous annonce, leur dit-il, une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur". Cette joie, ce n'était pas seulement une joie pour le ciel dont les bergers ont entendu un bref moment éclater les chants de louange. Car la plus grande et la plus belle des oeuvres de Dieu, c'est d'avoir envoyé aux hommes son Fils unique afin qu'il soient sauvés. La vraie explication de Noël est là. Ne refusons surtout pas de nous réjouir ce jour-là avec "tous les hommes que Dieu agrée". Paul Arnéra "N'ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple : cette nuit , dans la ville de David, est né votre Sauveur ; c'est le Christ, le seigneur." Luc 2, 10-11
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