TRAITES VIVRE

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Traités vivre 2001    



Qui est Dieu ?
 

 

 Pourquoi y-a-t-il quelque chose au lieu de rien ?

Quelque chose existe

Aujourd'hui, on admet plus facilement que quelque chose existe plutôt que rien. Sur une affiche récente qui présentait une exposition de vitraux contemporains consacrée à la Genèse, on pouvait lire : "Pourquoi y-a t-il quelque chose au lieu de rien ?"

Par ailleurs, nos contemporains reconnaissent que l'être humain a besoin d'un point de référence infini afin de donner sens à l'existence. Vaclac Havel, président de la République tchèque pense que seul "le respect éthique et spirituel d'une autorité extra universelle -que ce soit l'ordre de la nature, du cosmos ou l'ordre moral et son origine impersonnelle, ou que ce soit l'absolu- puisse restituer à la vie ses dimensions humaines."

Enfin, la science, en particulier l'astronomie, à la lumière des données actuellement disponibles, nous invite à nous interroger sur l'origine de l'univers et la nature de la réalité ultime.

Deux regards contradictoires

On peut apporter à cette question essentiellement deux réponses. Nous allons les évoquer brièvement :

- Une réalité infinie et impersonnelle

L'ultime réalité est infinie et impersonnelle. Elle s'identifie à la matière ou à l'énergie qui anime l'univers. Cette approche établit une correspondance entre Dieu et le monde. C'est le cas en particulier de l'Hindouisme, du Panthéisme et du Nouvel Age. La réalité telle que nous la percevons est conçue comme une extension de la divinité, comme une mise en ordre du chaos primordial ou alors comme le fruit d'une évolution conduite par le hasard et la nécessité.

Cette approche, à première vue séduisante, crée des difficultés majeures :

• Elle laisse l'homme seul au sein de l'univers sans ultime vis-à-vis et sans les moyens de donner un sens durable à son existence. Ses idoles trop humaines, dont il ne peut se passer, ne peuvent résoudre l'énigme de la vie et satisfaire ses aspirations les plus cachées.

• Elle ne permet pas de distinguer entre le bien et le mal. Au mieux, ce sont des notions relatives pour lesquelles il n'existe aucun fondement objectif qui dépasse une appréciation individuelle ou collective. L'homme devient alors la mesure de toutes choses.

• Elle ne rend pas compte de la différence qualitative qui distingue l'homme et la femme des autres créatures. Le terrien est un être personnel revêtu de dignité qui, comme Dieu, aime, pense et agit. Le réduire uniquement à ses composantes biochimiques ou neuropsychologiques, c'est proclamer sa mort.

• Elle pose un diagnostic inadéquat sur le dilemme de l'homme. Le remède proposé est par conséquent inadapté. Comme le mal est un ingrédient de l'univers, la solution consiste soit à se confondre avec le monde comme une goutte d'eau dans l'océan, soit de fuir hors du monde et de se dépouiller de son humanité et par conséquent de son corps.

- Un être infini et personnel.

L'ultime réalité est infinie et personnelle. Par son acte de création, Dieu donne son existence à une réalité objective autonome. Cette approche est propre aux religions monothéistes : Judaïsme, Christianisme et Islam. Tous mettent l'accent sur le Dieu unique, et même à des degrés divers, sur un Dieu à la fois infini et personnel. Cependant, une étude plus rigoureuse de chaque religion révèle des divergences profondes dans la manière de concevoir la divinité.

Le Judaïsme et l'Islam mettent l'accent sur l'unité de Dieu tout en écartant toute idée de multiplicité dans la nature divine qu'ils considèrent comme une forme d'idolâtrie. Ils mettent ainsi l'accent sur le Dieu, tout autre et majestueux, au détriment de son caractère personnel.

Par contre, la perspective chrétienne et biblique insistent sur l'unité et la diversité en Dieu. Cela permet de maintenir un juste équilibre entre la souveraineté divine, sa transcendance et son caractère intime. Au coeur même de Dieu il y a délibération, communication et amour. Créée à l'image du Créateur, la créature humaine est non seulement responsable devant le Père, elle est aussi appelée à vivre une relation avec lui au sein de laquelle l'intelligence de la parole, la communion et l'amour se croisent et s'enrichissent mutuellement. Cette approche a des conséquences concrètes de première importance :

• Elle souligne que le terrien n'est pas seul dans l'univers puisqu'il a un ultime vis-à-vis qui donne sens à son existence humaine. Sa relation personnelle avec Dieu éclaire et oriente sa manière de vivre, sa vocation terrestre au sein de la création et de la communauté humaine.

• Elle permet de distinguer entre le bien et la mal puisque Dieu est l'ultime norme qui transcende l'expérience humaine, individuelle et collective. Dieu est juste. Il n'y a en lui ni arbitraire, ni caprice ! La réflexion du terrien trouve un ancrage dans la sagesse divine.

• Elle rend compte de la différence qualitative de l'être humain créé à l'image de Dieu tout en soulignant sa solidarité avec les autres créatures. Une gestion responsable des richesses de la terre et de la cité implique le respect bienveillant du monde et des êtres qui le peuplent.

• Elle implique que le mal n'a pas été tissé dans la trame même de la tapisserie de l'univers. Il est lié à l'usage ultérieur de la liberté humaine. Le mal n'est donc pas métaphysique, mais moral ! Il s'ensuit que Dieu est bon et qu'il y a espoir d'une solution qui nous rejoint au coeur même de notre existence. Cette solution, le Père l'a pleinement manifestée en Jésus de Nazareth, Dieu incarné. A la croix, le Fils, dans un élan d'amour immense, a vaincu la mort, conséquence de notre péché, révolte contre Dieu. Comme le dit si bien l'apôtre Paul : "Il a voulu montrer sa justice de manière à être reconnu juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus" (Romains 3.26). A la croix, la justice et l'amour de Dieu se sont embrassés ! La résurrection corporelle de Jésus, le Christ, l'atteste. Désormais, je peux lutter contre l'injustice, la maladie et la souffrance, manifestations de la puissance de la mort, sans lutter contre Dieu ! Or, la tâche du Saint-Esprit est précisément de nous conduire dans l'intelligence de la pensée divine et de faire naître, dans les profondeurs de notre être et de nos relations humaines, le salut, la réconciliation et la vie que le Père nous accorde gratuitement en Jésus-Christ.

Le Dieu vivant et bon

En conclusion, je voudrais vous laisser deux citations qui à leur manière résument notre propos et répondent à la question posée : la première est un extrait du mémorial de Blaise Pascal : "Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment, Joie, Paix. Dieu de Jésus-Christ."

La deuxième citation est de l'apôtre Jean :

"Dieu est amour... Il a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle" (1 Jean 4.8 et Jean 3.16).

Pierre Berthoud

Traité : Vivre - Format 15x21 - Code 01/139
 

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