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-6h 30 : réveil : vite ! une lessive à mettre en route, préparer les enfants, le petit-déjeuner, faire les lits, ranger, passer à l'école, courir pour attraper l'autobus... -18h 30 ou... bien plus tard : vite ! Quelques courses (plats tout préparés, cuisson rapide, à réchauffer au micro-ondes). Faire réciter les leçons de l'aîné, tout en signant le devoir du second, remuer la soupe (en sachet) avec une oreille contre le téléphone portable. Une soirée comme les autres commence pour cette femme active, mère de famille. Deuxième journée, selon les sociologues qui notent que les femmes, bien que travaillant à l'extérieur de leur domicile, restent malgré tout principales responsables du travail domestique. Et si les nouveaux pères savent changer une couche ou donner un biberon, ce sont toujours les femmes qui cuisinent, repassent, surveillent les devoirs ou passent l'aspirateur, le plus vite possible et en faisant deux, voire trois, choses en même temps ! Plusieurs raisons pourraient expliquer la course actuelle des mères de familles actives. L'investissement professionnel, tout d'abord. Les filles étudient autant que les garçons. Elles sont aujourd'hui plus nombreuses à avoir le baccalauréat et, après leurs études ou formations spécifiques, entendent bien passer de la théorie à la pratique. Par intérêt, par fierté personnelle, pour des raisons économiques, elles travaillent. Dans les professions à dominante masculine, elles se battent pour se faire reconnaître et visent l'excellence pour prouver leurs capacités. Elles développent alors un caractère volontaire et exigeant. Même celles qui n'ont pas de diplôme souhaitent un emploi, pour le statut social qu'il représente et la liberté d'avoir un pouvoir d'achat personnel (en 1995, 76,81 % des mères de deux enfants travaillent). Bien sûr, il existe aussi des femmes qui ne rêvent que de pouvoir s'arrêter de travailler, mais dont le salaire est une nécessité vitale pour le foyer. L'obligation de rendement. Notre civilisation occidentale se caractérise aujourd'hui par l'omniprésence du critère de rapidité. Le temps est un ennemi à prendre de vitesse. Dans les métropoles, on court, on se bouscule... Tout est fait pour gagner du temps. Et chacun doit rendre compte de ce qu'il a fait du sien. Avoir et Faire, les deux verbes idoles qui font courir les foules, les hommes et les femmes. Les femmes acceptent ce fonctionnement. Elles s'y inscrivent avec le zèle de celles qui sont capables de faire plusieurs choses en même temps... pour gagner du temps. Et si elles sortent de la course, pour un congé maladie, maternité ou parental, elles se sentent vite déprimées, inutiles (comme les hommes frappés par le chômage ou une retraite soudaine, d'ailleurs). Pour être quelqu'un, il faut avoir toujours trop de choses à faire, en entreprendre de nouvelles jusqu'à être débordée, quitte alors à laisser aller certaines activités trop astreignantes et peu valorisantes. La fierté maternelle ou l'idée que tout ce que fait la mère est irremplaçable et qu'elle le fait mieux que tout le monde. Attention ! loin de moi l'intention de relativiser l'importance du lien mère enfant ou celle de vouloir encourager les mères à démissionner de leur rôle éducatif. Ce que je souhaite souligner, c'est ce sentiment diffus et voilé qui habite nombre d'entre nous : sentiment d'être la référence des enfants, leur source, leur moteur et leur but. Ce que le pédiatre Aldo Naouri appelle " la Toute Puissance des mères" : la mère qui se sent tellement au coeur de la transmission de la vie, qu'elle étouffe l'enfant et évacue le père. Lorsqu'il rentre le soir, ce dernier proteste avec la ritournelle habituelle : « On ne me dit jamais rien à moi ! " Mais le nombre de foyers sans père grandit de façon inquiétante. La relation avec le père n'est pas maintenue pour 46 % des enfants de couples séparés et 22 % des enfants de divorcés (enquête sur les situations familiales 1980). La sociologue Evelyne Sullerot dénonce à la fois la mainmise féminine sur le rôle éducatif et la démission masculine. Reconnaître la place de l'homme et son rôle de père serait une urgence... Tant de fatigues soudain... Voilà donc quelques-unes des raisons qui font courir les jeunes femmes actives, mères de familles. « Il faut ! », « Je n'ai pas le choix ! »... J'entends ces phrases justificatives qui sonnent comme une excuse. Elles cachent la volonté farouche de relever l'ensemble des défis que l'on s'est imposé à soi-même, mais aussi la conscience du poids des responsabilités multiples portées trop seule. Souvent, derrière la façade de fierté ou après l'exaltation de la liberté et l'illusion de la "Toute Puissance" (un travail, si je veux ; un homme, si je veux ; un enfant, si je veux...) se révèlent une grande lassitude et des déceptions. Le stress et l'agressivité aussi, alimentés par nos mauvaises consciences à la fois maternelle et professionnelles. Des difficultés avec des enfants nerveux et fatigués d'une trop longue journée sans parents. Des conflits conjugaux à la mesure de nos attentes d'une vie de couple et du manque de disponibilité des deux conjoints pour une vraie communication. La grande majorité des divorces sont demandés par les femmes, exigeantes sur la qualité de la relation de couple. Après, la plupart d'entre elles restent seules et finissent par souffrir de cette solitude. Femmes, mères de familles, actives : tant de fatigues soudain... Qu'est-ce qui est important ? Je connais une femme, activiste, elle aussi, qui courait après le temps et voulait faire courir les autres. Du genre à interpeller mari et enfants avec des : « Dépêche-toi donc », « Tu pourrais pas m'aider, non ? » Elle s'appelle Marthe'. Une fois, elle a même pris à partie un invité, un homme important (1). - Dis à ma soeur de venir m'aider à tout préparer au lieu de rester avec toi à discuter ! Quel accueil ! Heureusement, l'invité avait de la repartie : - Marthe, Marthe, tu t'agites beaucoup, mais seul l'essentiel est important ! L'essentiel ? Oui, cet invité en parlait, ainsi que du sens de la vie et de la beauté de l'amour... Et même de Dieu ! Un Dieu si bon qu'il était prêt à nous accueillir tels que nous étions pour un repas de fête. Marie, la soeur de Marthe, savait que ces paroles étaient vraies et allaient transformer sa vie. Elle écoutait Jésus. Marthe, débordée et aigrie, savait elle aussi intuitivement que Jésus pouvait quelque chose pour elle. Elle était donc venue vers lui avec son flot de reproches. Et Jésus l'a entendue, apaisée et guidée. J'ai moi-même accueilli cet invité dans mon foyer et depuis, chaque fois que, prise par la course, je dérape... il m'appelle et me fait asseoir : « Nicole, Nicole, tu t'agites, mais qu'est-ce qui est important ? Reviens à l'essentiel ! » Jésus aimerait être votre invité aussi. Pas pour surcharger par des obligations religieuses un emploi du temps bien rempli, mais pour vous aider à aller à l'essentiel. Il vous fera asseoir pour écouter toutes vos angoisses et vos difficultés.
Alors votre regard sera plus calme, votre esprit soulagé, vos forces renouvelées, votre discernement retrouvé... pour être une femme active... et sereine ! Nicole Deheuvels (1) Evangile de Luc chapitre 10 versets 38 et 39 « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites
pour beaucoup de choses, ( Lisez dans la Bible le récit de "Jésus chez Marthe et Marie", évangile de Luc, chapitre 10, versets 36.42)
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