TRAITES VECU

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Affranchis pour la liberté
 

 


         Il y a peu de temps encore, je menais une vie dont Dieu était totalement exclu. A partir de l'âge de deux ans, j'avais vécu une enfance sans joie chez ma grand-mère et mes grands-tantes, après que l'union de mes parents fut partie en ruines. Je ne voyais ma mère qu'occasionnellement. Je ne savais même pas qu'elle travaillait pour que j'aie de quoi vivre.

Mes grands-tantes se donnaient beaucoup de peine pour faire de moi un citoyen honorable. Ce qui supposait, bien entendu, la fréquentation régulière de l'école du dimanche (une obligation qui me parut tout aussi pénible, à l'époque, que celle d'apprendre à jouer de la flûte). L'amour et la chaleur d'un nid me manquaient et ma vie était dominée par un sentiment de haine. Comme j'aurais aimé fuir chez ma mère ! A douze ans, mon souhait s'est réalisé. J'ai pu retourner chez ma mère et son nouveau mari. Enfin une famille ! Mon entente avec mon beau-père était fabuleuse, et elle l'est restée. Je pris progressivement conscience de moi-même. A quatorze ans, j'obtins mes premiers revenus et à dix-neuf ans, la vie me paraissait belle.

J'étais persuadé qu'il était possible de la maîtriser par ses propres moyens. J'avais soif de connaissances, je lisais beaucoup et avec délectation, à tel point que même le Coran et la Bible y ont passé. Conclusion : « Tout du vent, je quitte l'église ! »

Après le baccalauréat, je suis parti à Munich pour étudier l'architecture. J'ai payé mes études moi-même par mes travaux occasionnels. Tout m'était accessible et j'étais avide de louanges, d'argent et de plaisirs. Et j'ai goûté bien des satisfactions. Très vite, j'eus du succès dans les concours et l'argent dont je rêvais s'est mis à couler à flots. Je me suis offert tout ce qui me faisait envie : les voitures, les voyages, l'alcool, un peu de drogue et beaucoup de liaisons amoureuses (sans y trouver le vrai bonheur). J'étais sûr de mes grandes capacités et fier de mes convictions athées. La peur fut pourtant ma plus fidèle compagne.

Progressivement, les difficultés économiques ont surgi (entrecoupées tout de même de quelques lueurs), entraînant mes affaires et mon existence dans la spirale des dettes et des procédures. J'essayais de refouler mes peurs croissantes par la méthode Coué : « Tu vas finir par y arriver, tu n'es qu'au début de la trentaine, tu n'es pas n'importe qui!»

C'est dans ce contexte désespéré qu'un soir j'ai démarré en trombe au volant de ma voiture de sport pour rejoindre mon ami. J'avais bu et je ne suis jamais arrivé à destination. J'ai provoqué un accident et ma voiture a été totalement démolie. Comme par miracle, je m'en suis sorti indemne. Mais cet événement ne m'a même pas incité à la réflexion. J'ai pensé simplement : « Dommage, c'était une voiture formidable ! Je vais tout de suite recommander la même ! »

J'ai déménagé à Freilassing, près de Salzbourg. Une nouvelle patrie, mais le même homme et ses vieux problèmes : des dettes, mais pas de mandats. J'étais au fond du trou. Mais je persistais à vouloir m'en sortir par mes propres moyens.

Il y a plus d'un an, je fis de plus en plus souvent des rencontres étranges. A maintes reprises, j'eus affaire « fortuitement » à des chrétiens, dans le privé comme au plan professionnel. Au début, ces « hasards » m'ont dérangé, mais j'ai laissé glisser. Pendant la même période, j'ai été invité plusieurs fois à des rencontres entre chrétiens. Je dus admettre qu'ils ne correspondaient pas à l'image que je m'en étais fabriquée. Ils n'avaient pas un profil de perdants voûtés qui pleurent misère et j'ai pu comprendre aussi que la foi biblique n'exclut pas la raison. A la fin de 1992, j'ai participé par curiosité à un débat chrétien. C'est là que j'ai rencontré le Christ. Pour la première fois de ma vie, j'ai ressenti la présence du Saint-Esprit. Après bien des années, j'ai enfin retrouvé la capacité de pleurer, et ce jour-là, j'ai pu remettre ma vie - un monceau de débris - à Jésus. Alors j'ai eu cette vision qui illustrait bien ce qu'avait été mon existence jusque-là : je voyais devant moi un arbre abattu, imposant et hautain à vrai dire, mais l'intérieur de son tronc était pourri et creux.

Depuis le jour de cette nouvelle orientation, bien des choses se sont mises à changer dans ma vie. J'ai éprouvé le besoin de rencontrer d'autres chrétiens et j'ai participé régulièrement aux cultes. Chaque fois, j'y ai reçu la force d'attaquer une nouvelle semaine. J'avais soudain de la joie à entonner des cantiques et à dialoguer avec mon Seigneur Jésus-Christ. Parfois, ma conversation était si longue (surtout pendant mes déplacements en voiture) que j'avais le sentiment de devoir m'excuser de l'accaparer.

Un jour, je me suis rendu compte que mes maux d'estomac d'origine nerveuse avaient disparu. Pendant dix ans au moins, j'avais souffert aussi d'une sorte d'automutilation à caractère nerveux.

Dans les situations de stress, je m'arrachais la peau autour des ongles, au point que la chair était à nu. Mes mains n'étaient plus présentables et j'en avais honte. Quelque deux mois après mon changement de vie, je remarquai un soir, en lisant ma Bible, que tous mes doigts étaient parfaitement guéris et que toute lésion avait disparu. Sans le remarquer, j'avais perdu cette habitude détestable.

Mon cercle de connaissance a changé. Aujourd'hui, je sais ce que veut dire avoir des amis.

En cinq mois, j'ai été chargé de tant de mandats que tout souci matériel a disparu. Dieu a même eu la délicatesse de faire découvrir le vrai sens de l'existence à l'un de mes collaborateurs qui a soumis sa vie à la seigneurie de Christ. Mes deux nouveaux employés à temps partiel sont chrétiens aussi, si bien que je peux travailler aujourd'hui avec une équipe chrétienne.

« Voici, je fais toutes choses nouvelles », promet Dieu, et ce qu'il dit, il l'accomplit à coup sûr. J'ai pris la seule décision valable, celle qui mène au salut. J'en suis tellement satisfait que j'aimerais dire chaleureusement à tous ceux qui n'ont pas encore trouvé ce soutien, cette sécurité et cette liberté intérieure : « Faites route avec Jésus-Christ. Il est le chemin, la vérité et la vie ».

Fred Meier

Traité Vécu - Format 10x19 - Code V/15
 

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