TRAITES POUR JEUNES

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Halloween

Fais-moi peur !

 

 


          Fais-moi peur !

Manifestement, en France, on aime les fêtes et les occasions de s'amuser. La récente introduction de la fête des grands-mères en est une preuve, sans parler des festivités événementielles que l'on ne manque pas de mettre en place, autour de la musique, du sexe ou du sport.

Depuis quelques années maintenant, en écho à ce qui se passe aux USA (comme toujours !) l'introduction d'une nouvelle occasion de délires massifs est effective, prenant de plus en plus d'ampleur et devenant une révolution déferlante quasi culturelle : Halloween.

Cette fête d'un goût douteux, est même encouragée par des sociétés importantes qui l'exploite dans leur communication publicitaire.

La légende

Retracer l'historique de cette fête druidique d'outre-manche et montrer l'aspect païen de cette fête de la peur et de l'horreur n'est pas inutile.
         Le seigneur de la mort, Samain, avait sa fête le 1er novembre et les druides pensaient que, pour participer à cette fête, les morts revenaient dès la veille sur terre. Pour ne pas les décevoir, on préparait des offrandes à leur intention et on allumait des feux pour les tenir tout de même à distance.
         Cette croyance celte a pris racine en Irlande et lorsque, poussé par une famine terrible, des milliers d'Irlandais sont partis chercher fortune en Amérique, ils ont emporté avec eux certaines de leurs coutumes dont La fête des morts avec Samain.
         Dans ce contexte, il faut ajouter l'intervention d'un personnage vedette, Jack O'Lantern. Ce brave homme, au moment de sa mort et selon la légende, aurait été refusé au Paradis et le diable lui aurait aussi fermé la porte de l'Enfer, tout en lui donnant, pour le consoler, une petite flamme tirée des fournaises ardentes dont il est le gardien. Dès lors, Jack erre, cherchant son chemin. Pour éclairer celui-ci, il aurait creusé un navet pour y placer sa flamme et en faire une espèce de lanterne. D'où le nom de Jack O'Lantern et la citrouille creusée d'aujourd'hui.
         Il faut enfin ajouter que le nouvel an des devins et sorcières n'est pas au 31 décembre mais au 31 octobre de chaque année.

Confusion

C'est l'église catholique d'Angleterre des premiers temps qui, comme en d'autres lieux et à d'autres occasions, a cherché à gommer les fêtes païennes en les christianisant, au moins un peu. C'est ainsi que le calendrier chrétien a introduit la Toussaint, la fête All Hallow's Eve (littéralement "la veille de tous les saints"), en lieu et place de celle de Samain et des défunts. Mais la tradition païenne n'a pas été ôtée définitivement des esprits et c'est pourquoi la confusion demeure toujours entre la fête de la Toussaint et celle des morts.
         L'aspect moderne et américain de la fête de Halloween date de moins d'un siècle et la peur, comme la menace d'une malédiction s'il n'y a pas d'offrande, s'inscrit de mieux en mieux dans nos sociétés où l'on n'en est plus à un anachronisme près. Les enfants sont encouragés à se déguiser en monstres effrayants, en sorcières, en fantômes, avant d'aller de porte en porte réclamer de menus cadeaux. Les donateurs, en échange de friandises, ont l'assurance d'être laissés tranquilles par les garnements qui les visitent.
         Mais ce ne sont plus que les enfants qui se déguisent, les adultes sont trop heureux d'entrer dans la danse macabre ; les défilés de mode honorant l'horreur sont de plus en plus courus, jouant du morbide autant que de l'hémoglobine. Immense exutoire où la débauche est totale, ce qui était déjà le cas pour le carnaval. Finalement, se déguiser, c'est comme se cacher pour enfin pouvoir faire ce qui n'est pas permis.
         Ce n'est qu'un jeu, un divertissement, une occasion de s'éclater et de contrarier les peurs de toute sorte, dira-t-on ! Rien de très méchant donc. Mais alors il faut oublier le sens premier et rigoureusement païen, voire occulte, de cette fête, et le racket sophistiqué qu'il engendre.

Etrange comportement

Ce qui est remarquable, dans cette affaire qui devient un phénomène de société, c'est de constater encore une fois que la peur est attrayante. Les films qui mettent en scène les vampires, les fantômes ou les puissances démoniaques passent en séries télévisées très prisées. Les maisons d'éditions complètent et enrichissent leurs collections "Suspens", "Triller" et "Mystères" à qui mieux mieux et font des tirages dignes des meilleurs Goncourt. Même dans les livres pour enfants, le phénomène est largement visible. La collection Harry Potter, en mai 2001, avait atteint le chiffre record de 100 millions d'exemplaires vendus dans le monde.
         Nous avons passé le cap de l'an 2000 sans la folie furieuse ni la panique qui ont précédé l'an mille. Mais aujourd'hui, si nous sommes guéris de cette attitude, nous alimentons mille petites peurs dont nous pensons garder le contrôle, peut-être pour nous rassurer, pour conjurer les autres, et donner ainsi l'illusion d'une maîtrise des éléments et des événements.
         Le rationalisme, l'intelligence et le savoir ont fait, ce siècle, de grands progrès. La religion et la foi en subissent du coup des dommages. Mais peut-on parler de grands pas en avant lorsque le progrès le plus notable de ces dernières années est tout de même dans le domaine de la superstition et de l'occultisme. Nous sommes loin d'être guéris de nos contradictions et des confusions les plus flagrantes. Cependant, qu'on le veuille ou non, notre attirance pour le superstitieux et le surnaturel sont des signes irréductibles de notre besoin de spiritualité.

Derrière les masques

Il faut reconnaître qu'en jouant avec des images de fantômes et en se moquant d'un au-delà incertain, on peut croire maîtriser ses peurs jusqu'à considérer Halloween comme un exorcisme nécessaire et efficace. Cependant, en se cachant derrière des masques et en jouant au mort-vivant, on n'interdit pas à la réalité de continuer à exister. Or, la réalité, c'est que la mort nous fait peur dès que nous n'avons pas vraiment compris le sens de la vie, et de l'après vie. L'échange de friandises contre une vie tranquille, c'est un marchandage par laquelle nous sommes prêts à obtenir la paix et la sérénité. Le déguisement effrayant et morbide, c'est une façon de se cacher tout en extériorisant nos angoisses et fantasmes dans une espèce de conjuration festive. L'aspect psychologique des comportements autour de cette fête façonnée de toute pièce, n'est qu'un élément. Il faut y ajouter l'opportunité de vivre, l'espace d'une folle nuit, toutes les perversions et braver tous les interdits.

Oser la vérité

Il est dommage que nous soyons obligés de passer par ces substituts et par ces subterfuges lorsque la vérité est nettement plus simple que ces étranges fictions frissons. La superstition est un écho déformé de la spiritualité ; elle n'est donc ni vraie ni fiable. L'homme spirituel ne peut trouver son équilibre dans un ersatz quelconque, fut-il une bonne imitation.
         Si vous souhaitez savoir ce qu'il en est vraiment de la vie et de la mort, du présent et du futur, du Paradis et de l'enfer, de l'en deçà et de l'au-delà, de Dieu et du diable, pourquoi ne pas chercher là où tout est déjà dévoilé ? La Bible est le livre qui remet tout en place, partout et en tout, voire en tous. Halloween n'est qu'une singerie qui tente de conjurer les esprits et les peurs humains. Dieu, qui s'explique dans la Bible, répond à toutes les attentes et propose un autre type de fête. La véritable audace, dès lors, c'est de lire la Bible. Oserez-vous ?

Eric Denimal

Traité pour Jeunes - Format 10x19 - Code Tpj/49
 

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