TRAITES POUR JEUNES

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Emprisonné...
 

 


          Emprisonné...

Bonjour !

Celui qui t'écrit ces lignes l'a vécu...

Il est sept heures du matin... la porte de ta cellule s'entrouvre, et tu as droit au traditionnel bonjour du surveillant, qui vérifie si tu es toujours en vie. Aussitôt la porte se referme... Bientôt ce sera le passage du chariot avec le café, le lait en poudre, et la porte claquera à nouveau.

Toute la journée, ce sera le même déroulement habituel. L'infirmière, qui passe te donner tes calmants, et ton traitement médical. Le surveillant, qui t'annonce la promenade. Ton courrier, vers midi. La gamelle, c'est souvent à moitié froid, et c'est toujours les mêmes menus depuis des années... La télé, elle est branchée en permanence, si par bonheur tu as eu assez d'argent ce mois-ci pour payer la location du poste. Les images qui défilent, et te montrent des paysages sans relief et sans odeur ; des êtres que tu ne peux toucher; ils parlent, mais toi tu ne peux leur répondre... la société semble très bien vivre sans toi !

Le mal par le mal

Tu réfléchis. La société, elle t'a mis(e) au placard. A la poubelle. Pour te punir du mal que tu as fait, elle te fait mal. Elle soigne le mal par le mal. Tu as fauté, ou tu es peut-être innocent, c'est quelquefois le même prix. Tu dois souffrir. Souffrir, serrer les dents, des jours, des mois, des années. Dormir, pour oublier... Manger toute ta vie avec la même fourchette. Vivre comme un légume. On semble préparer ton changement et ta réinsertion en te privant de presque tout ce qui pourrait t'aider à changer et à te réinsérer.

Tu restes lucide... Tu te rends bien compte qu'on ne se soucie guère de ton devenir. On t'a casé là, dans ta cellule, abandonné à toi-même, et puis c'est tout. En détention, tu n'es plus rien. On te donne même la honte d'exister. Les co-détenus t'arrangent la vie, et massacrent ta réputation à petit feu. Il ne te reste plus rien...

Déchéance

On t'a jugé en quelques heures. Les professionnels, habillés dans leur longue robe, ont délibéré, ils ont analysé ta vie, tes actes, grâce à leurs dossiers numérotés... et ils ont tranché, la sentence est tombée. Ce soir, ils rentreront chez eux. Et toi, tu resteras seul dans ta cellule, incompris, pendant des années, à t'évanouir en fumée. Tu as mal à ta vie. Tu as mal à ta mort... Tu assistes muet à ta propre déchéance, sans presque ne pouvoir rien faire. Tout ici est corrosif : le temps, les autres et leur mentalité, l'inactivité, l'absence de liberté. Plus personne ne croit en toi. Ta famille, tes meilleurs amis t'ont lâché avec les années. Tu te retrouves seul, face à ces fichus barreaux, face à cette vie qui n'en porte plus que le nom. Une révolte sourde gronde dans ton coeur. Parfois, tu as envie de débrancher.

Pourquoi ?

Durant des mois, des années, tu réfléchis, taciturne. L'anesthésie gagne de plus en plus sur toi, sur tes pensées et toute ta vie intérieure. Pourquoi, mais pourquoi la société me déchire-t-elle cruellement parce que j'ai déchiré ? Contradiction. Non-sens.

Tu as beau tourner ces choses dans ta tête, pour la trois mille et unième fois, tu n'as toujours pas de réponse... Personne ne l'a... vraiment ?

Pas comme les hommes

Peut-être que si. En te rapprochant de Dieu, tu découvres peu à peu une lumière qui t'éclaire et te grandit avec les jours. Tu discernes que la justice de Dieu n'est pas comme celle des hommes. « Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre (1) ! » dira Jésus à ceux qui tentaient d'assassiner la femme adultère. Et tous les accusateurs se retirèrent un à un. « Où sont ceux qui t'accusent ? » . Avec raison, l'apôtre Paul écrit : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (2) ».

Dieu fait différemment des hommes.

Là où ils font une comptabilité indélébile de toutes tes fautes, Dieu passe définitivement l'éponge, et il oublie. Avec lui, tu n'as pas de casier... Là où les hommes te haïssent, te rejettent, et où tu manques d'affection, il t'aime et t'accueille sans arrière-pensée. Tu deviens capable d'aimer les autres en retour. Là où il te semble que les hommes te détruisent à petit feu, Dieu cherche à te reconstruire avec patience et bonté. Tu deviens capable d'aider les autres. Là où tu es seul, il te propose sa présence. Il t'accompagne et devient ton conducteur. Tu deviens capable de rebâtir le cheminement des autres... Là où tu es angoissé et désespéré, il te donne sa paix et son espérance, et tu la transmets. Là où tu es prisonnier, il te rend libre intérieurement... Dieu devient pour toi un vrai Père.

Il t'aime

Ne l'entends-tu pas te murmurer à l'oreille qu'il t'aime sans condition ? Si tu reconnais devant lui que tu es pécheur et donc imparfait, si tu lui demandes pardon pour les fautes passées et présentes de ta vie, si tu crois en lui de tout ton coeur, il te sauvera. N'hésite pas à entrer en relation avec Jésus chaque jour. Il t'aidera à traverser tes souffrances, et les rendra créatrices de vie. Jésus a souffert le supplice de la croix, et son Père l'a relevé, il l'a ressuscité ! Dieu peut faire de même avec toi, car malgré ton passé et tes échecs, tu as une valeur inestimable. Tu te relèveras, tu vivras, même si cela est impossible à tes yeux.

Viens à lui ! Il te donne sa grâce, d'une manière illimitée !

Philippe Auzenet

1. Evangile de Jean, chapitre 8, versets 3 à 11

2. Epître de Paul aux Romains, chapitre 5, verset 20

Traité pour jeunes - Format 10x19 - Code Tpj/48
 

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