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Tout d'abord, je vous demande d'excuser la liberté que je prends de vous écrire de manière anonyme. Le procédé me répugne, mais je n'ai pas le courage d'assumer personnellement les propos qui suivent. Je voulais vous écrire pour vous exprimer l'admiration que j'ai pour vous et votre combat contre la pornographie. Je vous encourage à continuer avec d'autant plus d'empressement que je suis moi-même - c'est la raison de mon anonymat - esclave de cette sinistre drogue. C'était il y a bien dix ans, j'ai commencé avec des journaux achetés dans les kiosques. Une fois que je m'étais « soulagé » en les regardant, je les jetais aussitôt, par honte, par dégoût, par mépris. Mais quelques jours ou quelques semaines plus tard, je n'y tenais plus et retournais acheter d'autres journaux. Je n'ai jamais pu me sortir de ce cercle infernal, sauf pendant une courte période, il y a plusieurs années de cela, alors que j'avais rencontré une fille dont j'étais tombé amoureux. Mais ce ne fut qu'un échec de plus, et je retombai ensuite à un stade pire qu'avant. Depuis lors, la solitude est devenue un cauchemar, je vis constamment dans un état semi dépressif, et parfois j'évite de traverser certains ponts de peur de céder à la tentation. De ma solitude, j'ai au moins pu en parler avec un ou deux amis (même s'ils ne peuvent guère me donner de solutions toutes prêtes). Mais à côté, il y a toujours la pornographie, et ça je n'en ai jamais parlé à personne, parce que j'en ai terriblement honte. Aux journaux s'ajoutent désormais les cassettes vidéo. Depuis des années, j'ai perdu énormément d'argent et énormément de temps à cause de la pornographie. Je ressens de la haine pour tous les salopards qui exploitent ainsi ma faiblesse. Je donnerais cher pour m'extraire de ce milieu pourri. Mais rien n'y fait, ni la religion, ni la résistance mentale, ni les tentatives d'autres distractions. Lorsque ces envies me reprennent, toute ma volonté se trouve bloquée, paralysée. J'ai conscience que je vais faire quelque chose que je ne souhaite pas, quelque chose à quoi je ne prends même plus aucun plaisir, mais je n'ai pas la force de ne pas le faire. Au prix d'un effort énorme, je parviens à résister quelques heures, puis je cède. Cela s'est reproduit aujourd'hui encore. J'y ai perdu de l'argent et du temps, alors que l'un et l'autre me font défaut. Ce soir, le découragement m'a donné - paradoxalement - le courage de vous écrire. Loin de moi l'idée de vouloir vous ennuyer par ce déballage de toutes mes turpitudes, ni de vouloir exciter votre pitié par mon récit un peu triste. Je voulais seulement vous montrer à quel point la pornographie peut faire du mal à un être humain, à quel point elle peut abîmer sa vie. Par considération envers tous ceux qui ne sont pas touchés encore, continuez à défendre le respect de la dignité humaine, en vous blindant contre les sarcasmes de ceux qui souffrent du même mal que moi, mais qui, hélas, en sont fiers. Cette lettre n'est malheureusement pas exceptionnelle. A travers les sollicitations sexuelles permanentes dont elles sont l'objet (publicité, télévision, cinéma, Internet, Minitel et téléphone rose, etc.), de nombreuses personnes tombent dans ce piège que l'on peut assimiler à une véritable drogue. Et ce n'est pas la distinction subjective entre érotisme et pornographie qui fera la différence ! Cette banalisation entraîne une insatisfaction et un besoin de sensations de plus en plus fortes qui créent une dépendance comme celle décrite dans la lettre. Loin de libérer de certaines pulsions, les rapports de police et les études médicales montrent que la pornographie est à La base de la plupart des crimes sexuels — viol, inceste, pédophilie, etc. Comme la drogue, "L'industrie" pornographique génère d'énormes profits. Pourtant, malgré la Loi qui l'interdit et sauf cas extrêmes, elle diffuse son poison en toute impunité. Au delà de l'aspect Législatif, les victimes de la pornographie "douce" ou "dure" ont souvent, comme l'auteur de la lettre, un profond dégoût de leurs pratiques mais ne savent pas comment s'arrêter. La Bible décrit très clairement cette situation. D'une part pour La condamner, car non seulement elle est contraire à la dignité humaine, mais elle détruit l'homme et ses relations. D'autre part, pour apporter un message d'espérance pour tous ceux qui sont esclaves de telles pratiques comme de tout ce qui asservit l'homme. La pornographie, comme nombre de problèmes liés à la sexualité, demande une véritable libération que seul Jésus-Christ peut donner. Jésus dit : " Si je vous affranchis, vous serez réellement libres" (Evangile de Jean, chapitre 8. verset 36). Oui, nous pouvons demander pardon à Dieu pour toutes ces choses dont nous sommes esclaves et nous pouvons avoir l'assurance d'être pardonnés. L'auteur de la lettre ne le savait pas et est resté enfermé dans son désespoir. Mais pour vous qui lisez ces lignes et qui êtes concernés, je veux vous encourager à découvrir et à vivre la vraie Liberté. Daniel RIVAUD
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