TRAITES POUR JEUNES

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CHACUN SA VERITE ???
 

 

Chacun sa vérité ???

Chacun sa vie, chacun son style, chacun ses rêves, chacun ses problèmes, chacun son idéal, chacun sa différence, chacun ses goûts, et chacun le sait : les goûts et les couleurs ne se discutent pas...

Ces « chacun » : nous en sommes bien friands. Peut-être, est-ce une façon de courir après un vent de liberté ? Une manière de s'exprimer, d'affirmer sa personnalité dans un monde anonyme ? Ou tout simplement un moyen de reconnaître que j'existe ?

Choisir, zapper, prendre, laisser, expérimenter, deviennent des mots très prisés dans cette ère du             « chacun » où ce que je ressens occupe tant de place. Chacun construit ses valeurs, sa façon de vivre, ses opinions et chacun respecte les choix et positions de chacun, tolérance oblige. Et combien de fois n'entendons-nous pas : « à chacun sa vérité » ?

« A chacun sa vérité»
          Un refrain à la mode, pratique, rassurant, flou...

• Pratique : ce refrain évite la confrontation des idées, des croyances, et peut-être dans certains cas des conflits.

« Je te respecte; tu me respectes. C'est O.K. N'en parlons plus.»

Nous craignons tellement que quelqu'un ne passe en un clin d'oeil d'un je suis convaincu à un vous devez croire et agir comme moi que nous développons de la méfiance vis à vis des convictions et d'un dialogue autour d'elles. Face à une personne qui a de fortes convictions, certains réagissent parfois avec des réflexions telles que : Tu n'es pas tolérant. Tu n'es pas ouvert. D'autres, comme des camarades de Rachel, étudiante, s'étonnent :     « C'est rare de voir des jeunes croyants comme toi. Pourtant, t'es ouverte... ». En fait, on oublie parfois cette distinction : les convictions concernent nous-mêmes, tandis que la tolérance intervient dans la relation avec notre prochain.

Ainsi, ce n'est pas le fait d'avoir des convictions, ni même d'y être attaché, qui est en cause, mais bien notre attitude vis à vis de celui qui pense différemment. Et nous ne sommes peut-être pas aussi tolérant que nous aimons le prétendre ! Un hebdomadaire constatait dans un tout autre domaine que le religieux : « la tolérance se pratique à distance (1)», c'est-à-dire quand nous ne sommes pas directement concernés. Nous avons probablement tous du chemin à faire dans le respect de l'autre, de ses manières de penser, d'agir, de ses opinions, bref dans la tolérance et surtout dans l'amour, la douceur et la patience.

Rassurant : ce refrain laisse croire que chacun a raison à sa manière. Mais est-ce possible ?

« Plus que l'incroyance, c'est en effet la disponibilité des jeunes à l'égard de toutes sortes de croyances qui frappe aujourd'hui », explique Danièle Hervieu-Léger, sociologue (2). Certains fabriquent leurs propres systèmes de croyances en prenant ce qui les intéresse et leur semble juste dans une religion ou l'autre. La démarche devient très personnelle, et beaucoup n'envisagent même plus que la vérité puisse être universelle.

« Tu as trouvé ta voie, c'est bien pour ta vie. C'est ta vérité », affirme une amie à Béatrice, jeune infirmière. « Mais, réplique Béatrice, si je ne croyais pas que c'est la seule vérité, c'est que je ne serais pas vraiment convaincue. Si je crois que Dieu existe, je crois qu'il est le même pour tous les hommes.» Une réponse pleine de bon sens...

Et pourtant, force est de constater que les principales religions ne s'accordent pas sur l'essentiel. Le Christianisme, le Judaïsme, et l'Islam présentent un seul Dieu, l'Hindouisme compte 330 millions de dieux, paraît-il, et le Bouddhisme ne laisse pas de place pour un Dieu suprême. Pour les uns, l'espérance après la mort est une vie auprès de Dieu ; pour d'autres, une autre vie sur la terre, ou une fusion avec le dieu, ou encore le néant. Et nous pourrions souligner d'autres points de divergence, et même d'incompatibilité.

Logiquement parlant, toutes les religions ne peuvent pas mener à Dieu.

Pas très rassurant comme constat ? Oui et non.

En effet, si toutes les croyances se révélaient exactes, nous vivrions dans un chaos indescriptible, sans parler de l'au-delà, et cela n'a rien de sécurisant. Par contre, je ne peux pas me reposer sur un « C'est ma vérité. Cela me convient.» En fait, je suis amené à me demander: «Qu'est-ce que je crois vraiment ? Ce que je crois, est-ce vrai ? »

Pas faciles comme questions... Et si, nous nous adressions à Dieu, dans la simplicité de nos mots et avec sincérité, en lui demandant de nous montrer ce qui est vrai... ? Dieu existe-t-il ? Comment le connaître ? Et la vie éternelle ? « Et moi, je vous dis : Demandez et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira (3) », assurait Jésus-Christ. Selon la Bible, Dieu veut que tous les hommes « parviennent à la connaissance de la vérité (4) ».

Flou : ce refrain évolue dans l'ambiance d'in-certitude de notre société.

« L'homme d'aujourd'hui adhère de moins en moins à des "vérités" transmises et prescrites. Les croyances "imposées" ne "s'imposent" plus. » peut-on lire dans un article intitulé : Les croyances floues des Français (5). Et selon Danièle Hervieu-Léger, les croyances « flottent, elles s'expriment de façon incertaine, sur le mode du probable ou du possible : je crois à quelque chose, mais je ne sais pas à quoi ».

Quel contraste avec ce : «je sais en qui j'ai cru (6)» énoncé par l'apôtre Paul. L'apôtre Pierre, quant à lui, déclarait à Jésus-Christ : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle (7) ».

En conclusion, quelques paroles de Jésus-Christ :

« Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.

Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il saura si cet enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même (8).»

« Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie (9). »

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle (10). »

Voudriez-vous commencer à lire l'Evangile, tout en demandant à Dieu de vous montrer la vérité... ?

Marie-Christine FAVE  permanente au Foyer Evangélique Universitaire de Grenoble

1 : L'Express du 15 au 21 Juin 1995.
        2 : Interview repris dans « Le Monde - Dossiers et Documents» - n°285 , Mars 2000
        3 : La Bible - Evangile selon Luc, ch. 11, v. 9.
        4 : La Bible - Première lettre de Paul à Timothée, ch. 2, extrait du verset 4.
        5 : Article repris dans « Le Monde - Dossiers et Documents » - n°285 , Mars 2000

Les passages suivants sont tirés de la Bible :

6 : Deuxième lettre de Paul à Timothée, ch. 1, extrait du v. 12.
        7 : Evangile selon Jean, ch.6, extrait du v.68
        8 : Evangile selon Jean, ch. 7, extrait des v.16-17
        9 : Evangile selon Jean, ch. 8, extrait du v.12
      10 : Evangile selon Jean, ch. 3, v.16.
 

Traité pour jeunes - Format 10x19 - Code Tpj/50
 

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